FAQ

Comment vous est venue cette idée de record ? Pourquoi 80 nœuds (150 km/h) ?

L’idée de record est née dans la tête des co-fondateurs du projet : Xavier Lepercq, Benoit Gaudiot et Mayeul van den Broek, tous les 3 passionnés par la voile, le kite et la vitesse. C’est pendant leurs études à l’EPFL qu’ils ont commencé à réfléchir à des concepts de bateaux tirés par une aile de kite pour battre le record du monde de vitesse à la voile. Après plusieurs tests, simulations et itérations de design, ils se sont rendus compte qu’atteindre les 80 nœuds (150 km/h) à la voile n’était pas une utopie. Inspirés par l’histoire de Paul Larsen et son équipe, qui ont littéralement pulvérisé le précédent record du monde de vitesse à la voile de plus que 15 noeuds (27,78 km/h), les trois amis se sont lancés le défi de réitérer un tel exploit: SP80 était né. 

Pour en savoir plus sur la création de SP80, allez faire un tour sur notre page histoire.

Quelle est la moyenne d’âge de l’équipe SP80 ?

Principalement composée de jeunes ingénieur(e)s et étudiant(e)s de l’EPFL, la moyenne d’âge de l’équipe est de 23 ans! C’est la première fois qu’une équipe aussi jeune s’attaque au record du monde de vitesse à la voile. L’avantage? Pouvoir aborder la conception et le développement du bateau avec un regard neuf!

Bien sûr, nous profitons de notre partenariat avec l’EPFL afin d’être conseillés chaque jour par des laboratoires et professeurs ayant participé à des projets technologiques d’envergure comme Alinghi, l’Hydroptère ou Solar Impulse.

Cette alliance entre jeunesse et expérience est un atout indéniable pour inventer les bateaux de demain et battre le record du monde! 

Quelles sont les conditions optimales pour battre le record ?

Pour battre le record du monde de vitesse à la voile, les conditions idéales sont un plan d’eau très plat avec le moins de vagues possible et un vent très stable. On trouve généralement ces conditions le long d’une côte sans relief avec un vent de terre.

Dans le monde, certains spots comme Leucate en France, Luderitz ou Walvis Bay en Namibie ou encore Sandy Point en Australie sont très reconnus pour fréquemment rassembler toutes les conditions idéales pour battre le record.

Notre projet étant basé en Suisse et l’équipe connaissant bien les spots du sud de la France, pour nos tentatives de record nous visons des spots de vitesse comme Leucate. Cela permet notamment de simplifier la logistique du projet et d’amener le public et nos partenaires au cœur de nos tentatives.

En termes de force de vent, notre objectif est d’atteindre 80 nœuds (150km/h) dans 25 nœuds de vent (45km/h). Ce ne sont donc pas des conditions de vent extrêmes et notre bateau sera capable de naviguer 3 fois plus vite que la vitesse du vent !

Avez-vous un pilote à bord du bateau ?

Il faut au minimum une personne à bord du bateau pour que le record soit homologué. C’est Benoît Gaudiot, cofondateur du projet et compétiteur en kitesurf, qui est notre pilote. Benoît est un habitué de la vitesse à la voile car il détient notamment la meilleure performance de vitesse en kitesurf dans la catégorie des moins de 18 ans avec 51 nœuds (94,45 km/h). Il connaît également parfaitement le bateau SP80 car il prend part à sa conception et à son développement.

Pouvez-vous utiliser une assistance électronique à bord du bateau ?

L’électronique est autorisée pour donner des informations au pilote (vitesse, direction du vent etc.). En revanche, toute assistance électronique ou source d’énergie aidant à piloter ou à stabiliser le bateau sont formellement interdites. Cela demande donc un énorme travail lors de la conception du bateau car ce dernier doit être naturellement stable durant toutes les phases de navigation: l’accélération , le “run” pour le record, et la décélération.

Vous trouverez plus d’informations concernant cette règle en consultant le règlement du record du monde de vitesse à la voile.

Est-ce que le bateau SP80 vole ?

Contrairement à ce qu’il est commun de voir actuellement dans le monde de la voile, nous avons fait le choix de ne pas faire voler notre bateau.

En effet, aux vitesses très élevées que nous voulons atteindre, notre défi est plutôt de ne pas s’envoler complètement. Pour garantir la stabilité de notre bateau et donc la sécurité du pilote, nous utilisons un foil qui produit une force vers le bas et maintient notre bateau plaqué à l’eau. C’est comme une voiture de course qui utilise la force du vent pour rester plaquée à la piste et ainsi améliorer son adhérence.

Vous trouverez plus d’explications sur ce choix dans notre vidéo SP80 Explained #2.

Quel type d’aile de kite utilisez-vous ? Quelles surfaces ?

Notre bateau est capable de naviguer avec la majorité des ailes de kite existantes. Chacun de ces kites a des avantages et des inconvénients. Les kites gonflables sont faciles d’utilisation mais peu performants pour la vitesse, les kites à caissons sont plus performants mais également plus complexes à décoller depuis une plateforme sur l’eau, et il est même possible d’utiliser des kites à structure rigide pour gagner encore en performance. Vous pouvez retrouver plus d’explications sur ces kites dans l’épisode 5 de SP80 Explained.

Notre bateau est donc capable de naviguer avec une aile de kite conventionnelle, mais pour le record, nous travaillons sur des kites spéciaux adaptés à nos besoins.

Et la surface du kite? La mise au point du bateau se fait d’abord avec des kites de petite taille (à partir de 15 m2). Puis, avec l’évolution de notre compréhension du bateau, la surface de nos kites augmentera jusqu’à atteindre des surfaces entre 20 m2 et 50 m2 pour le record.

Le décollage et l’atterrissage de ces ailes de grandes tailles dans des conditions ventées sont finalement le plus grand défi que nous allons rencontrer au cours de nos tentatives. C’est pourquoi nous aurons à disposition des bateaux à moteur qui aideront le pilote dans ces phases. De plus, nous savons que ce défi est réalisable: Don Montague et son équipe, navigateurs et concepteurs de kiteboat depuis plus de 10 ans, ont décollé des ailes de kite de plus de 110 m2 ! Vous trouverez plus d’informations sur leurs concepts dans l’interview de Don Montague.

Avez-vous un système de largage du kite en cas de problème ?

L’un des grands avantages du kite par rapport à un gréement classique est qu’il est possible de relâcher instantanément toute la puissance du bateau, simplement en coupant les lignes du kite. Pour assurer la sécurité du pilote, un système de largage est donc installé à bord du bateau pour lui permettre de s’arrêter en cas d’urgence.

Comment dirigez-vous le kite ?

Toutes les lignes pour piloter le kite reviennent au cockpit du bateau, et c’est notre pilote qui dirige le kite. Les commandes sont assez similaires à celles d’un kite classique mais les systèmes pour les actionner sont différents. En effet, dans le cockpit, notre pilote n’a pas de barre de kite conventionnelle mais des éléments mécaniques comme un volant, des pédales, des taquets et des palans qu’il peut actionner pour effectuer les réglages.

Que deviendra SP80 une fois le record battu ?

Aujourd’hui notre objectif principal est de battre le record du monde de vitesse à la voile. Notre bateau est très particulier et est destiné à ce record, il ne pourra donc pas être ensuite directement utilisé pour une application commerciale ou pour répondre à d’autres problématiques.

Cependant, SP80 a permis de rassembler une équipe qualifiée et passionnée, qui développe des outils techniques innovants et possède une expertise unique.

Avec notre bateau nous explorons de nouvelles pistes technologiques encore inconnues et nous voulons repousser les limites de la navigation à la voile.

Après le record, nous sommes convaincus que de notre démarche naîtront des inventions ou des idées qui trouveront des utilités dans des domaines plus larges et en lien avec les enjeux environnementaux actuels, que ce soit pour améliorer le transport de marchandise ou la production d’énergie.

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